Très ouvert, le gouvernement Fillon contient aussi plusieurs catholiques en dehors de la présidente du Forum des républicains sociaux, Christine Boutin, ministre du logement et de la ville. (On notera l’absence de tout ministère de la famille.) Xavier Darcos nommé à l’Education nationale est aussi un catholique convaincu, qui sur son blog défendit énergiquement Benoît XVI au lendemain du discours de Ratisbonne (« le catholicisme s'est habitué à ces distorsions : on peut le caricaturer, l'insulter, l'agresser, envahir ses églises, le tourner en dérision sans risque. Mais gare à qui touche une autre croyance. Là, on ne rigole plus. J'attends que des sans-papiers envahissent une mosquée ou une synagogue... »). On notera aussi la nomination du « chrétien de gauche » pratiquant Jean-Pierre Jouyet, deloriste (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes) et du président d'Emmaüs-France, Martin Hirsch (haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté). De plus, Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet du Président, a été commissaire nationale Guide des Scouts unitaires de France ; elle y a connu le P. Philippe Verdin, qui a pu par son intermédiaire éditer le livre de Sarkozy La République, les religions, l’espérance (Cerf, 2004).
par Denis Sureau
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Extraits de l'homélie de Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, le 28 avril:
"il ne suffit pas d'adhérer à des valeurs universelles, avec lesquelles, au fond, tout le monde est d'accord, du moins en paroles. Il est tellement inélégant de dire « moi, je ne suis pas solidaire, moi je ne suis pas fraternel, moi je ne suis pas humaniste, moi je ne suis pas tolérant ».
Il faut adhérer à Quelqu'un, écouter sa voix, Le suivre, recevoir de Lui la vie éternelle. Et c'est là que tout bascule !
Devant Jésus tout doit se déterminer !
Devant Jésus tous doivent se positionner !
Devant Jésus, chacun doit choisir !
On peut suivre le Christ ou lui jeter des pierres. Il faut choisir !
L'évangélisation, la pastorale doivent conduire à ce choix."
Source : http://catholique-vannes.cef.fr
par Denis Sureau
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Extraits d'un communiqué du collectif Catholiques en Campagne:
Pour nous catholiques, le scrutin de ce deuxième tour a été suivi avec un certain détachement car aucun des deux candidats n’était porteur de nos valeurs : l’un comme l’autre ont montré au cours de leur campagne que leurs préoccupations étaient fort éloignées de nos attentes, et souvent même en opposition avec celles-ci.
Monsieur Sarkozy a été élu, nous en prenons acte. Qu’il sache que les catholiques, en nombre toujours plus grand, passeront son action au crible de la doctrine sociale de l’Église et qu’ils ne manqueront pas de faire entendre leurs voix et de se mobiliser pour faire barrage à tout ce qui porterait atteinte aux valeurs chrétiennes fondatrices de l’identité de la France.
Le temps n’est plus où les catholiques ne se manifestaient pas en politique. Ces élections l’ont montré et elles feront date en cela : un nombre important de catholiques ont pris conscience du fait que les affaires de la cité doivent être conduites en conformité avec l’enseignement de l’Église. Il nous appartient de faire en sorte que cet élan ne faiblisse pas, mais qu’au contraire les catholiques deviennent des acteurs incontournables de la scène politique française.
par Denis Sureau
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SELON UN SONDAGE REALISE A LA SORTIE DES URNES lors du premier tour des présidentielles (cf. La Croix, 24/4), le vote des catholiques « pratiquants réguliers » (allant à la messe au moins une fois par mois) s’est porté massivement sur Nicolas Sarkozy, avec 45%, suivi par François Bayrou (20%), Ségolène Royal (11%), Jean-Marie Le Pen (8%), Philippe de Villiers (7%), Arlette Laguiller (4%), Marie-George Buffet (3%) et Olivier Besancenot (2%). Les précédents sondages avaient annoncé le glissement à droite du « vote catho ».
QUE SONT LES CHRETIENS DE GAUCHE DEVENUS ? Ces chiffres confirment une évolution constatée depuis plu-sieurs années. En additionnant les voix pour Ségolène Royal et l’extrême-gauche, on obtient seulement 18% des pratiquants réguliers. Un chiffre révélateur. On aurait également pu s’attendre à ce que François Bayrou, héritier de la mouvance démocrate-chrétienne, fasse un score plus fort. Des personnalités aussi emblématiques qu’un Michel Camdessus, président jusqu’à peu des Semaines Sociales de France, avaient publiquement affiché leur soutien. Pourtant les « pratiquants réguliers » n’ont guère davantage voté pour le candidat Udf que l’ensemble des électeurs (18,5%). Ses déclarations ont pu heurter les croyants : du refus des drapeaux en berne lors de la mort de Jean Paul II au laïcisme revendiqué : « comme citoyen – et responsable public -, je ne reconnais aucune autorité au-dessus de ma conscience » etc.
A DROITE, PHILIPPE DE VILLIERS a probablement ramassé une bonne part des voix des catholiques attachés à la défense de la vie et des valeurs morales. Un terrain délaissé pour une part par Jean-Marie Le Pen dont la campagne a heurté la frange la plus traditionnelle de l’électorat « national-catholique » : refus d’abroger la loi Veil, ouverture en faveur d’une euthanasie allégeant les dépenses de santé, défense de la laïcité etc. Nicolas Sarkozy s’est montré plus habile en multipliant les références au christianisme et à Jean Paul II ou en déclarant que « la religion catholique est l’un des fondements de l’identité française ». Même si, devant d’autres publics, il se déclarait pour l’avortement et la recherche sur les embryons, ouvrait les portes à l’euthanasie et affirmait que « l’amour hétérosexuel n’est pas supérieur à l’amour homosexuel ». Au jour où nous écrivons ces lignes (entre les deux tours), il est difficile de savoir si les catholiques soucieux de cohérence éthique passeront outre à ces atteintes aux « valeurs non négociables » énoncées par Benoît XVI et voteront néanmoins pour lui. Au nom d'une conception erronée du « moindre mal ».
par Denis Sureau
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Rompant avec les lectures idéologiques dominantes, un livre important vient de paraîire, celui de Bernard Laurent: L’enseignement social de l’Eglise et l’économie de marché (Parole et Silence, 368 p., 28 €). Il soutient la thèse que la Doctrine sociale de l’Eglise s’inscrit depuis toujours dans la filiation du catholicisme intransigeant défini par Emile Poulat comme « anti-moderne, anti-bourgeois, anti-révolutionnaire, anti-libéral, anti-socialiste ».
L’un des intérêts de ce travail – sans doute le plus important paru depuis longtemps ans sur ces questions - pour les chrétiens dans la cité est que son auteur est un professeur d’économie (EM Lyon), actuellement chercheur à Cambridge. Il peut ainsi, à sa façon, percevoir la spécificité de l’enseignement de l’Eglise qui, s’il ne situe pas dans le champ de l’analyse économique stricto sensu, scrute les évolutions sociales et économiques avec une lucidité souvent prophétique. Même si les « accommodements » voire les « contradictions » décelées par Bernard Laurent dans l’enseignement des papes sont souvent source de confusions.
L’auteur démontre la permanence de « l’opposition de l’Eglise au libéralisme idéologique et par voie de conséquence au jeu du marché concurrentiel » en retenant quatre terrains d’affrontement : la propriété privée, la conception de la justice, le rôle de l’Etat et la « relation au savoir d’intention scientifique ». Même si certains points et oublis (Pie XII) appellent des réserves, ce livre est une pièce essentielle du débat.
par Denis Sureau
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