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Chrétiens dans la Cité

Ce blog est le prolongement de la lettre d'information catholique Chrétiens dans la Cité, animée par Denis Sureau. Créée il y a dix ans, elle s'est imposée comme une publication de référence parmi les chrétiens actifs dans la société française, confrontant leur foi à une société séculière. Chrétiens dans la Cité est un organe de presse indépendant, ouvert à toutes les initiatives politiques, sociales et économiques inspirées par une véritable théologie politique.
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Mercredi 18 avril 2007

Président du conseil épiscopal pour les questions familiales et sociales Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen, a publié un communiqué intitulé Avantages économiques et conséquences sociales Au sujet des indemnités de départ de dirigeants de grandes entreprises : « Les médias se font à nouveau l’écho d’indemnités de départ versées à des dirigeants d’entreprise qui, même inscrites dans les clauses d’un contrat initial, apparaissent injustifiées. Les grandes multinationales sont devenues des entités gigantesques. Leur gestion est difficile et exige un fort engagement personnel de la part de leurs dirigeants. Les contraintes et les risques sont multiples et complexes. Les rémunérations décidées par les conseils d’administration sont encadrées par la loi et pour la plupart fiscalisées. La volonté de transparence qui porte à la connaissance de tous ces pratiques est un progrès. Cependant la disproportion entre certaines indemnités de départ et les salaires moyens des employés des mêmes entreprises invite à la réflexion. En ce domaine, comme en d’autres, ce qui est légalement autorisé n’est pas nécessairement moral. Ces indemnités scandalisent les personnes aux revenus modestes et les personnes sans emploi. Justifier ces pratiques en invoquant les contraintes d’un marché mondialisé qui obligerait à s’aligner sur ce qui se vit aux Etats-Unis reste à démontrer. En intervenant dans le débat, nous ne faisons d’aucune manière le procès des dirigeants et des chefs d’entreprise qui, dans leur grande majorité, accordent une attention particulière aux exigences de l’équité et de la justice. Mais, s’il existe une exception française en matière sociale, elle doit inclure la moralisation des indemnités de départ des dirigeants d’entreprise. »

par Denis Sureau publié dans : chretiensdanslacite
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Jeudi 5 avril 2007

Le Figaro du2 avril a publié un intéressant article d’Hervé Yannou soulignant le contraste entre la pugnacité des évêques italiens, espagnols, portugais et polonais et la tiédeur des évêques français et allemands : « En Italie, pas un jour ne se passe sans une passe d'arme violente entre évêques, presse et politiques au sujet du projet de Dico, le pacs transalpin. En Italie, le Saint-Siège est chez lui et le cardinal Bertone va personnellement célébrer la messe à la Chambre des députés pour leur rappeler que la foi ne pourra « jamais être réduite à un simple fait privé, y compris pour ceux qui ont pour tâche de faire de la politique ». Si l'Église italienne accusée d'ingérence ne fait plus exception en Europe, elle est devenue une référence. Tandis que les évêques de France et d'Allemagne émettent souvent une opposition contenue aux législations qu'ils désapprouvent, d'autres conférences épiscopales ont pris les Italiens en exemple. Au Portugal, en février, l'Église s'est opposée avec fermeté au référendum sur la dépénalisation de l'avortement. En Pologne, la Ligue des familles polonaises, membre de la coalition gouvernementale, propose d'amender la Constitution afin d'y interdire totalement l'avortement et l'euthanasie. Elle a le soutien des évêques polonais, qui ne cachent pas leur rêve de voir l’Union européenne suivre cet exemple. Après des années d'apathie, les fidèles espagnols et leur Église voient aussi dans l'Italie un modèle d'engagement. Petit à petit, les évêques espagnols tentent de reprendre l'initiative [...]. Ils avaient pris la tête d'un million de manifestants contre le projet du gouvernement Zapatero de légaliser le mariage homosexuel. En vain. Fin 2006, ils ont publié deux documents officiels critiquant sévèrement leurs propres déviances doctrinales et morales et leur incapacité à affronter le sécularisme. Ces documents qui se veulent une charte de refondation de l’engagement de l’Eglise d’Espagne ont été revus et corrigés par l’ancien Saint-Office. »

par Denis Sureau publié dans : chretiensdanslacite
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Mercredi 4 avril 2007

Soucieux de trouver un terrain d'entente avec les démocraties libérales, certains catholiques s'imaginent encore pouvoir trouver un terrain d'entente en raisonnant à partir de la loi naturelle. Quitte à déformer complètement la signification de cette lex naturalis, comme le fit dans les années 40 un Jacques Maritain, dont les élucubrations révèlent plutôt une contamination d'une pensée catholique hantée par la réconciliation avec la modernité libérale.

Une belle illusion,  alors que l'antagonisme est devenu radical entre la loi naturelle et la loi civile. On pourra lire à ce propos les actes du XXIe colloque national de la Confédération des Juristes catholiques de France (Loi naturelle et loi civile, Téqui). Le refus du législateur de se référer à une norme supérieure à la volonté générale a entraîné un ébranlement général des fondements de la cité. Le positivisme juridique et le laïcisme républicain ont enfanté un véritable monstre : une justice incertaine, une prolifération des lois et des procédures, une chute progressive dans un monde d’irrationalité pure où la notion même de nature humaine n’a plus de sens. On trouvera dans ce livre passionnant des analyses à la fois bien documentées et lucides : notamment celles de Marie-Pauline Deswarte et de Jean-Baptiste Donnier, outre la synthèse préliminaire de Joël-Benoît d’Onorio, président des Juristes catholiques. Ce dernier constate : « le concept de loi naturelle souffre du fait qu’il n’y a pratiquement plus que l’Eglise catholique à l’invoquer de nos jours ».

C’est pourquoi le recours à ce concept ne peut pas être l’alpha et l’omega de la théologie politique chrétienne. La question préliminaire à se poser devient : pourquoi notre conditionnement culturel rend inopérante la référence à ce concept ? 
par Denis Sureau publié dans : chretiensdanslacite
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Vendredi 30 mars 2007

L’association antichrétienne La Libre Pensée a obtenu du tribunal administratif de Lyon l'annulation des 500 000 euros de subventions versées par les collectivités locales aux 19es Rencontres pour la paix organisées en septembre 2005 par la communauté de Sant'Egidio. Dans trois arrêts distincts, le tribunal a estimé que les décisions du Conseil général du Rhône d'attribuer 300 000 euros, celle du Grand Lyon portant sur 100 000 euros et celle de la Ville de Lyon attribuant également 100 000 euros à l'évènement ont « été prise en méconnaissance des dispositions (...) de la loi sur la séparation des Eglises et de l'Etat ». Une quatrième délibération, portant sur 100 000 euros accordés par la région Rhône-Alpes, sera examinée ultérieurement.

par Denis Sureau publié dans : chretiensdanslacite
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Jeudi 29 mars 2007

DANS UN DISCOURS du 30 mars 2006 aux participants d’un congrès du Parti populaire européen, Benoît XVI avait résumé sa conviction fois sur les « principes non négociables » en politique. Le Pape rappelait que l'Eglise, dans ses interventions publiques, accorde
« volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire:

la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle;

la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable;

la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants. »

CETTE INTERVENTION A été confirmée depuis par de nombreux autres discours qui s’inscrivent tous dans le droit fil de la Note doctrinale de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique. Ce document publié en novembre 2002 fait l’objet, dans le contexte actuel français, d’exégèses variées, certaines tentant d’en atténuer les exigences. Au non de conceptions gauchies de la règle du « moindre mal » ou de la politique comme « art du meilleur possible », certains s’emploient à gommer le caractère « non négociable » des principes rappelés inlassablement par le Pape.

 
AU MILIEU DU vacarme des déclarations qui se multiplient pour aider les chrétiens à « bien voter » sur fond de relativisme (cf. l’éditorial de La Croix du 28 mars : « A chacun, sa hiérarchie de priorités, en conscience. »), le Pape témoigne au plus haut point de sa mission lorsqu’il fixe les limites au-delà desquelles il n’y a plus ni moindre mal, ni meilleur possible, ni priorités personnelles, ni options libres, ni vote utile. Comme le notait dernièrement le père Garrigues (Famille chrétienne, n°1519), le moindre mal n’est acceptable que « dans une dynamique de redressement éthique par rapport à la situation présente ». Au second tour des présidentielles, « les catholiques risquent de se trouver devant des exigences éthiques aux conséquences redoutables ».
par Denis Sureau publié dans : chretiensdanslacite
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